Le Diable en Partage
Chantier 2010-2012
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Lorko et Elma s’aiment. Il est Serbe… Elle est Musulmane… Mais la guerre éclate, et Lorko doit déserter et s’enfuir en Europe, dans un monde qui ne veut pas de lui et qui le rejette.
Au coeur du conflit de l’Ex-Yougoslavie, dans l’intimité
d’une famille, quand violence et barbarie se mêlent, peut on
encore croire que l’amour est plus fort que la guerre ?
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| Auteur contemporain à succès, on ne compte plus les récompenses littéraires qu’a reçues Fabrice Melquiot. Pour Le Diable en Partage notamment, il s’est vu décerner le Prix de la meilleure création d’une pièce en langue française. En 2008, il a reçu le Prix Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre... |
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Intention de l'auteur
« Je suis parti pour la Bosnie. La guerre était finie depuis cinq ans, mais Sarajevo, Mostar
et les campagnes autour de la Neretva portaient encore les séquelles de ce qui fut, et les
portent pour longtemps.
À Sarajevo, j’ai rencontré Lorko et Elma, qui sont devenus ces anges dans les cheveux du
diable. Ils existent. Il est croate, elle est musulmane. On a passé
des jours ensemble et des nuits à se lancer des boules de
neiges en riant et parfois Lorko me disait : «ça me rappelle
la guerre, les boules de neige qu’on se lance.»
On a parlé
de leur histoire, ils m’ont permis d’en prendre des bribes
pour écrire la mienne. Aujourd’hui, ils ne s’aiment plus
parce qu’il est croate et qu’elle est musulmane. Ce qui
traîne dans l’air bosniaque, les rancoeurs, les haines,
les remords, ce que l’histoire charrie a été plus fort que
l’amour qu’ils défendaient.
J’ai écrit Le Diable en Partage pour dire : il faut veiller et dépasser
les chiffres,dépasser les représentations, dépasser le théâtre
lui-même pour aller sur les territoires de l’intime interroger ses
responsabilités d’homme. Le territoire de l’intime, entre son ange
et son diable, sur un fil qui permet d’embrasser le monde pour ce
qu’il est, provisoirement. » |
« Lorko. Vous pourriez me chanter quelque chose là ?
Elma. J’ai mal nulle part.
Lorko. Et si je vous pendais par les pieds ?
Elma. Le sang à la tête, je chanterais peut-être.
Lorko. Une chanson d’amour? Les pieds pendus ?
Elma. Peut-être.
Lorko. Tu m’aimes ?
Elma. Pends-moi, on verra.
Lorko. Pas la peine. Je te crois.
Elma. Moi aussi je te crois. » |
Extraits
« Pas oublier qui je suis, Elma. Le diable, je l’ai vu. Perdu sur une route, des routes, dans les vallées, au bord de rivières où les caillots de sang ont remplacé les pierres, il marche comme au désert lorsqu’on a chaud, un mouchoir sur la tête et une canne qu’il fait tourner dans un bruit de vent cinglé, Elma, le diable s’est perdu, il demande son chemin à tous ceux qu’il croise. Et à ceux qui savent il prend leur âme. Elma, mon souci, ma femme, j’ai peur d’oublier qui je suis.
(…) Cette terre, elle est au diable. Lui, il crache. Fait son jardin. Le Triangle des Bermudes. Tout est fucké… Elma, ces mots ne sont pas de moi. Elma, le ventre me brûle. Je suis ton souci, ton homme… »
« Elma, je vois Sarajevo, Mostar, Bijeljina, Jajce, je vois des anges dans les cheveux du diable. » |
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Le Théâtre de la Rencontre est une compagnie professionnelle, un collectif de pensées, de
recherches et de créations. |
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